Ses chansons douces-amères laissent percer entre les lignes un regard décadré des visions académiques, à l’image de son parcours hors du commun. Du punk ukrainien à l’électro cajun, le petit Parisien a fait un sacré bout de chemin. Début 1980, il apprend la trompette, au conservatoire et puis à l’harmonie municipale. Fin de la même décennie, années lycée, il enfourche la guitare, tendance groupe de rock. Il se prénomme Félix, se surnomme déjà Féloche, fan de Prince, de sa Parade qui le convie dans le monde magique de la musique.
Le bac ciné en poche, il se retrouve bombardé ingénieur du son en Arménie, en pleine guerre. A partir de là , il intègre de 1993 1995 Vopli Vidopliyassova, un combo punk qui cartonne en Ukraine. Du coup, il passe de café concerts devant dix personnes à des stades, en première partie de Slade et Samantha Fox ! Comme un antidote aux leçons du jazz. Comme une envie de retrouver l’énergie de la scène, le rythme saccadé et le blues dépouillé. Celui d’avant l’électricité, Son House et Hank Williams, après avoir aimé Taj Mahal et John Mayall. C’est ainsi qu’il rebranche sur la musique cajun. En 2007, il autoproduit un premier EP, cinq titres qui frappent en pleine tête Solal, lui-même trempé des pieds à la tête dans le Moonshine.
La cuisine cajun, une mandoline fétiche et un accordéon dézingué qu’il filtre à celui de la musique électronique. Tel est l’univers de ces treize titres qui traduisent à sa manière toute singulière son goût pour le bayou louisianais : celui de Féloche a des parfums de périphérique, « le marécage de la banlieue » comme il dit.
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Fêlé Féloche? Pas tout à fait. Quoique ses chansons douces-amères laissent percer entre les lignes un regard décadré des visions académiques, à l’image de son parcours hors du commun. Du punk ukrainien à l’electro cajun, le petit Parisien a fait un sacré bout de chemin. Avec une idée en tête : dédoubler le ternaire dans le binaire. Et un instrument fétiche en main : une mandoline, qui lui a permis de retrouver le bon sens du blues-folk d’avant l’électricité.
Fabuleux, frappadingue, Féloche fomente donc depuis dix ans un bastringue rétro-futuriste, entre veillées bien agitées et lendemains qui swinguent autrement. Comme une espèce d’hybride épanoui sur l’asphalte jungle de cette fin du millénaire. Soit un univers « fait maison » par ce touche-à -tout, entre harmonies subtilement alambiquées, boîte à rythmes drôlement bricolés et mélodies finement taillées.
 
Féerique Féloche ? Un tantinet à écouter en boucles ces ritournelles qui fleurent bon la cuisine cajun, comme sur l’emblématique thème titre. Tel est l’univers de ce premier album où le Français réinvestit le bayou louisianais, lui donnant des parfums de périphérique. Au programme une contrebasse au son épicé et des cordes emberlificotées, des morceaux autobiographiques et des textes plus fantasmagoriques, une valse techno et un délire psycho-slavo-déglingo-punk… En clair, un sacré gumbo dans lequel il convie Dr John, sorcier du son marécageux de La Nouvelle-Orléans et source d’inspiration majuscule de cette « Vie Cajun ».