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Le 13 juin 2010
Air
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“Sexy boy”
De l’alunissage inaugural (Moon Safari, 1998) à la précédente symphonie de poche (Pocket Symphony, 2007), en passant par une bande originale mémorable (The Virgin Suicides, 2000), un chef-d’Å“uvre (10 000 Hz Legend, 2001) et une usine à tubes pop (Talkie Walkie, 2004), Air a traversé cette dernière décennie à pas de géant. La marche en avant se poursuit aujourd’hui avec un septième album en forme de remise en question. Rompant avec l’habitude de collaborer avec d’autres artistes - l’écrivain italien Alessandro Baricco, l’icône hexagonale Charlotte Gainsbourg, les chanteurs britanniques Jarvis Cocker ou Neil Hannon -, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin ont décidé de s’enfermer dans leur tout nouveau studio (un rêve d’enfant, un fantasme de musicien enfin réalisé). Car Air a éprouvé le besoin de retrouver son fonctionnement bicéphale, son alchimie originelle, comme l’indique le titre alphanumérique du nouvel album Love 2. Et, dès la première plage du disque (Do The Joy), il est question de plaisir retrouvé.
Après des mois passés sur la route (tournée Pocket Symphony en 2007, Close Up en 2008), leur envie de composer était irrépressible (So Light Is Her Footfall, premier témoignage enregistré de cette urgence créatrice, une fois tous les instruments installés). Après avoir expérimenté différents studios à travers le monde, Air s’est donc posé à huis clos sur les hauteurs de Paris, dans ce lieu imaginé de A à Z où seules trois personnes de confiance ont pu pénétrer : Joey Waronker, à la batterie et aux percussions, Louis Arlette, un ingénieur du son découvert par Air, et Stéphane “Alf” Briat, mixeur déjà présent au générique de Moon Safari et de The Virgin Suicides.
“Love 2″ live sur France 3
Album de jouissance et de jubilation, Love 2 est un disque qui multiplie les portes d’entrée, les ambiances, les climats. Réparti entre pop song et exploration sonore, mélodie instantanée et bande-son imaginaire, refrain basique et trip mental, Love 2 apparaît déjà comme une nouvelle pièce maîtresse dans une discographie exemplaire. “Surprendre, c’est la base de notre démarche artistique. Nous n’avons plus aucune frustration. C’est comme si nous nous situions au-delà de la barrière de corail. Notre champ des possibles est désormais infini”.
Cette liberté absolue, cette puissance libératrice s’entend particulièrement dans le triptyque Tropical Disease, incroyable chevauchée mélodique d’une profondeur exquise. Comme son titre l’indique, l’instrumental tourbillonnant Night Hunter fait référence au beau film de Charles Laughton, tandis que les singles (Doy The Joy, Sing Sang Sung,…) renouent avec l’immédiateté pop dont Air s’est fait le chantre depuis la ritournelle Sexy Boy. En phase avec les sentiments contradictoires et exacerbés de leurs compositeurs, des titres évoquent la perte de repères (Missing The Light Of The Day), l’espoir fugace (Heaven’s Light), un rêve incertain (Be A Bee) et l’amour retrouvé (Love). Entre interrogation existentielle et aliénation émotionnelle, jamais Air ne s’est autant mis à nu. À l’opposé du caractère précieux de l’album précédent, Pocket Symphony, ce disque reflète un romantisme exalté. Love 2 ou la nouvelle formule magique de Air.
Interview sur France 3
Tracklisting:
01. Do The Joy
02. Love
03. So Light Is Her Footfall
04. Be A Bee
05. Missing The Light Of The Day
06. Tropical Disease
07. Heaven’s Light
08. Night Hunter
09. Sing Sang Sung
10. Eat My Beat
11. You Can Tell It To Everybody
12. African Velvet
Album écrit, composé, interprété et produit par AIR
Batteries et percussions par Joey Waronker sauf ‘So light is her footfall’, ‘Heaven’s light’ et ‘Missing the light of the day’
Prises de son par Louis Arlette
Mixé par Stephane ‘Alf’ Briat pour Flam sauf ‘Night Hunter’
Masterisé par Chab pour Translab
Discographie :
1998 LP1 « MOON SAFARI »
1999 Mini album « PREMIERS SYMPTÔMES »
1999 DVD Eating, Sleeping, Waiting and Playing
2000 BO du film de Sofia Coppola « THE VIRGIN SUICIDES »
2001 LP2 « 10,000 Htz LEGEND »
2003 Air & Alessandro Barrico « CITY READING »
2004 LP3 « TALKIE WALKIE »
2006 Charlotte Gainsbourg album « 5:55 »
2006 compilation Late Night Tales
2007 LP4 « POCKET SYMPHONY »
www.aircheology.com
AIR sur Myspace: www.myspace.com/intairnet
Le 11 juin 2010
Christophe Willem - Coffee Tour
“Heartbox”
Christophe Willem ne fait pas de mise au point. Lui, son truc, c’est plutôt la mise au son. Avec des arguments et de l’audace. C’est ainsi que l’on découvre notre entertainer le plus époustouflant depuis que la télévision l’a engendré prenant les rennes de son deuxième album avec une incroyable pertinence.
Depuis la Fermeture pour rénovation que fut son DVD, témoin de deux années de victoires en chantant, Christophe Willem a définitivement achevé son Inventaire qui prouva avec flamboyance qu’il était possible de vivre au-delà du quart d’heure de célébrité. Les records se ramassent ici à la pelle. Un premier disque de diamant, une Victoire de la musique, quatre Bataclan, trois Olympia, huit Cigale, un Zénith de Paris, et 130 000 spectateurs sur la tournée qui ont contracté la fièvre scénique de ce fauve libéré de sa cage cathodique.
La rénovation discographique s’est donc opérée ici avec beaucoup d’adrénaline et un maximum de caféine. Surprendre et se surprendre, tel était le challenge. Changer d’air, telle était la condition. Ce sera donc l’Angleterre, et le rêve du swinging London qui en 2009 s’est matérialisé en ondes électroniques. C’est bien dans cette ville que tout musicien s’affranchit de ses propres limites et de ses intimes contraintes. La pop est une religion que Christophe Willem célèbre avec beaucoup de conviction. Il fallait donc pour lui se ressourcer, et ainsi prendre le risque de rencontrer au hasard de la City Kylie Minogue ou Madonna en pleine méditation physique dans la Mecque de la musique pop. L’âge des possibles est bien celui de Christophe qui rencontre ainsi Guy Chambers, compositeur et producteur des tubes mondiaux de Robbie Williams ou Kylie Minogue. Et si on s’amusait pour se mettre en jambe à enregistrer un duo sur un titre du dernier album de la miss ? Aussitôt dit aussitôt fait. Sensitized comme un défi. Une sorte de lien indéfectible entre la pop anglaise et le géniteur français de cette mythologie anglaise. Gainsbourg samplé, “Initials CK”, Christophe and Kylie embrasent la création de ce nouveau disque. Dès lors tout est possible. A commencer par l’identité même du disque forgé par l’envie insatiable de notre performer de sortir de sa légende pour écrire lui même son histoire. Ainsi le voilà auteur sur plus de la moitié des titres de son album, dessinant les contours d’une jeunesse impatiente, sauvage, gourmande et allergique au renoncement de la grande dépression mondiale de ce nouveau siècle.
La casting de “Heartbox”
Ca commence par un orage soutenu par des éclairs de guitares saturées. Tonnerre sombre. Voici surgir L’homme en noir, poussé par le vent du désir. Voix élastique, très souple à l’escalade, scratches massifs, rythmique lourde et crasseuse, Christophe Willem survole sa chanson pour mieux la dominer. Avec lui et la touche d’Alexandre Azaria, Tim Burton devient bionique et spatial. Tout l’album est ainsi, en déséquilibre jouissif entre les entrailles de la terre et les nimbes du ciel.
Berlin, chanson en sous-sol et toute en sex appeal comme pour hurler au monde entier que le bonheur est bien partout. Voyage fantasmique dans la ville de la techno et du “sexor”. Tout s’enchaîne à la vitesse d’un supersonique. Zazie, en sÅ“ur veille, et partage les mots de La demande que Jean-Pierre Pilot électrise. Petites pulsions cardiaques deviendront vite opéra groove orgasmique. Christophe Willem décolle à nouveau du dance-floor pour signer la plus belle ballade de son répertoire. Entre nous et le ciel. Cette fois la tortue a des ailes et vole au souffle d’harmonies de cordes qui rappellent que le trip hop est né du côté de Bristol. Angleterre encore et toujours. Nous sommes là au cÅ“ur de ce nouveau disque avec les chansons coécrites en compagnie de l’élégante Skye qui avait accompagné Christophe tout au long de sa première tournée. Ensemble ils inventent un langage (sexué), un son (aiguisé), un style (bandant). A l’image de Plus que tout, ballade estivale et enivrante, propice à satisfaire l’épicurien chanteur à fleur de peau et de sens, recentré encore et toujours par une basse abrasive à faire pâlir les marquis excentriques possédés par le démon de la danse. Coffee fait monter la pression du percolateur mélodique de Christophe Willem. Avec lui, “Le R and B français” c’est où il veut quand il veut, car son flow est percussif et les guitares sont presque d’orient. Ce qui donne un titre qui invente. On appelle ça un style…
“Berlin”
Trash en duo gémellaire avec Skye, c’est encore autre chose. Le plaisir du gimmick poussé à son paroxysme autorise le souvenir d’un Prince minimal, sexe machine échappée de Minneapolis qui reconnaitra sans difficulté les siens.
Alors pourquoi toute cette orgie de sons électroniques qui luttent sans cesse avec un barrage de guitares saturées ? Pour lancer un trio de producteurs de choc dans une sorte de vertige ascensionnel. Tina Harris, Steve Lee et Pete Martin ont eu le loisir de travailler sur une solarisation extrême du son qui donne un coup de soleil au beat blanc de la Perfide Albion. Trois Anglais réunis pour faire de Christophe Willem le premier Français, depuis le grand Serge à la tête de chou, à prendre de force le royaume pourtant uni… Heartbox, en version originale s’il vous plaît, devrait faire frissonner les Top of the Pops. Sans pourtant que l’on puisse reprocher à notre nouvelle star de céder aux sirènes de l’hégémonisme anglo-saxon. Bien au contraire, avec Zazie encore dans Yaourt et Lavabo, et aussi Jennifer Ayache, diva du Superbus dans Tu te fous de nous , la France prend un Eurostar d’avance. Les filles dans cet album sont à l’affaire avec brio.
Et puisqu’il s’agit encore peut-être de vous prouver que Christophe Willem est bien français, le voilà enfin mûr pour nous écorcher avec ce romantisme imbattable qui a forgé toute notre exception culturelle… Fragile, composée par Ben’s Brother, et Si je tombais prouvent s’il en était encore besoin la sensibilité extrême du bonhomme. Une sorte de mec écartelé entre son vertige de l’enfance et son désir de cupidon. Entre les deux son corps balance et son cÅ“ur aussi. Confusion des genres ? Plutôt lâcher prise. Une forme de plaisir aphrodisiaque et ultime, qui de fait traverse ainsi ce disque de bout en bout, excité par la caféine des petits matins de chair et transcendé par l’adrénaline des soirs de fête. Le premier album de “l’antécrise”.
“Jacques a dit”
Le 9 juin 2010
STANISLAS
“Fou d’elle”
Quand il était petit, Stanislas pensait que la vigie des navires qui voguaient dans les romans d’aventures, devait se sentir bien seule. Postée tout là haut, au dessus des flots, sentinelle obstinée, guetteur solitaire en quête de terre salutaire… Une image obsédante qui l’a poursuivi jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à en faire le thème de son nouvel opus. Deux ans après « L’équilibre instable », l’album de la découverte et de la reconnaissance, voici « Les carnets de la vigie », nouvel épisode des aventures harmoniques d’un artiste singulier. Un disque à la fois étrangement familier et sensiblement différent, comme une continuité dans la maturité. Si, dès les premières notes, on reconnaît la patte de Stanislas, ces envolées au classicisme lyrique, cette voix de tête angélique et vertigineuse, il y a quelque chose de changé dans ces chansons aériennes aux flux mélodiques ourlés de cordes agiles. Comme un sentiment nouveau, une cadence inédite, une envie différente. Comme si le poète funambule du « Manège », l’amant romantique de « La débâcle des sentiments », l’aventurier dandy de « La belle de mai », avaient enfin découvert leur équilibre. Toujours sur le fil, mais sans plus osciller au gré du vent, avec la hardiesse d’un acrobate qui aurait désormais trouvé ses repères, ses points d’appui. Quitte à tenter d’autres figures plus risquées.
“La débâcle des sentiments”
« Au départ, j’avais imaginé faire un disque inspiré par la musique folklorique, avoue Stanislas : quelque chose d’à la fois rythmé et orchestré. Même si le résultat final est loin de ressembler à cela, la matière première est toujours là . Du folklore, j’ai conservé le sens de la terre. »
La terre, à la fois glaise et terroir, racines et refuge, est en effet présente dans la plupart des chansons de ce nouveau disque, comme autant d’îles rêvées. Une terre fantasmée, à l’image de cette « Vigie », toujours sur le qui-vive, entre solitude et altitude, qui donne son titre à l’album. Ou de ces émigrés à la recherche d’un nouvel Eden, à qui l’on a promis « Tu verras en France » : un thème délicat, à la fois intemporel et d’actualité, traité ici avec une douceur folk qui rappelle les riches heures de Simon and Garfunkel, et interprété en duo avec Mike Ibrahim. Résultat d’une rencontre fortuite transformée en collaboration fructueuse, puisque Mike Ibrahim, baladin tendre et incisif, signe trois textes sur le disque, aux côtés d’Amaury Salmon, déjà présent sur le premier album, d’Alana Filippi et de Patrice Guirao.
“Les coulisses du concert”
Amour de la terre, encore, avec « Je laisserai la vie se faire », ode à la nature sur un mode champêtre, où la présence d’un cor anglais évoque plus Stravinski que Nicolas Hulot… Mais amour tout court, dans « Fou d’elle », complainte obsessionnelle d’une passion hallucinogène, et premier single de l’album. Amour toujours, avec « Au sud du ciel », cantique érotique aux syncopes électro, « Le souvenir », au tempo disco-funk festif et ironique, « Ma belle Eve », aux allitérations gainsbouriennes et à l’orchestration façon Simple Minds, ou « Sensiblement modifiés », pièce futuriste et synthétique que n’aurait pas reniée Kraftwerk, en duo avec la comédienne Béatrice Rosen.
Au gré de ce disque dense et surprenant, on croise aussi l’Alice de Lewis Carrol (« Wonderland » ou l’enfance évanouie), une mystérieuse nymphe surgie des eaux (« Ondine »), un habitué des plateaux de télé (« Le gendre idéal ») ou une cohorte de créatures avenantes (« Les filles de tante Elisa »). Le tout co-réalisé par Pierre Jaconelli, avec la participation de Thibaud Renoult (le jeune frère de Stanislas), du Paris Pop Orchestra (l’ensemble symphonique fondé par Stanislas), et même d’un bassiste nommé Calogero.
“Les carnets de la vigie”
A la fois chanteur, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre et pédagogue (il vient de créer un atelier d’écriture pour les compositeurs en herbe), Stanislas prouve une nouvelle fois que, plus qu’un touche à tout de talent, il est avant tout un artiste polyvalent, capable de briser la routine, d’embrasser tous les genres avec un égal bonheur et, surtout, de faire partager pleinement ses émotions. La vigie, tout là haut, n’est plus seule.
Le 8 juin 2010
RAUL MIDON
Le making-of de “Synthesis”Â
Si vous tapez “Raul Midon” dans la fenêtre de recherche sur YouTube vous trouverez le clip de son passage au “Late Show With David Letterman”. Raul Midón, chanteur/auteur-compositeur/guitariste, y interprète “State of Mind,” extrait de son premier album éponyme sorti en 2005, et le clip révèle une voix soyeuse de ténor soul accompagnée d’une éblouissante guitare percussive - un style syncopé, infusé de jazz et de flamenco, et où les lignes de basse, d’harmonie et de mélodie émanent en cascade sous des doigts qui claquent sur les cordes. Et comme si cela ne suffisait pas, Midón lâche sa technique vocale, en improvisant le son d’une trompette sans métal pour créer un solo be-bop entièrement avec ses lèvres, solo accueilli en plein milieu de la chanson par les applaudissements spontanés du public. C’est une performance de virtuose qui démontre pourquoi Midón est devenu ces dernières années un artiste tellement excitant à regarder.
Raul Midón au “Late Show With David Letterman”
Pour son troisième album, ce musicien a canalisé toute cette énergie créative dans Synthesis, enregistré à Los Angeles début juin 2009. Le disque a été réalisé par le légendaire bassiste/producteur Larry Klein, (Melody Gardot, Joni Mitchell, Herbie Hancock, Peter Gabriel) . Avec un mélange d’éléments soul, pop, jazz, folk et Latin qui échappe à tous les genres, Synthesis est un show-case pour montrer l’évolution de Midón en tant qu’artiste complet : c’est un musicien qui met en musique des points de vue souvent mordants - sur la trahison, la peur, la perte et le Rêve Américain - sur des rythmes qui ont plus de swing qu’il n’y paraît, avec des mélodies accrocheuses qui possèdent une joie délirante. Si “Never Really Gave”, “Don’t Take It That Way” ou “Invisible Chains” crépitent de commentaires acerbes, des chansons comme “Next Generation”, “Call My Name” et “Moment to Moment” font preuve d’un ton qui réchauffe le cÅ“ur.
Raul Midón, nouvel album Synthesis, déjà disponible.
Le 5 juin 2010
Christophe Willem - Coffee Tour
NB: Il n’y a pas de changement concernant le concert de Christophe Willem à Lyon.
Il est toujours prévu le vendredi 11 juin 2010 à la Halle Tony Garnier.Â