Les Derniers Articles sur Eldo'Blog
Le 27 avril 2012
GERARD LENORMAN
En 1969, Gérard Lenorman faisait un peu peur. Il était coiffé comme un Playmobil. Sur les plateaux de télévision, il chantait avec une joie presque effrayante, les yeux écarquillés. Et, à la pose extatique, il ajoutait sans complexe des paroles heureuses. Double blasphème… Car, cette année-là, Serge Gainsbourg susurre Elisa, Johnny Hallyday hurle Que je t’aime et France Gall, boudeuse, joue La poupée qui dit non. On chante l’érotisme ou les blessures amoureuses, la mine sombre. Il ne viendrait à l’esprit de personne de sourire derrière un micro. Sauf Gerard Lenorman. Dès 1970, il prévient « Laissons entrer le soleil », adaptée de la comédie musicale Hair. Ses chansons tournent autour des jours heureux, des fêtes des fleurs, des éclaboussures de mémoire, très loin des poses destroy et des astres noirs.
Un rocker? Pas loin… Gérard Lenorman a compris, le premier, que le bonheur est une vraie rebellion. Il a flairé qu’une Ballade des gens heureux, en 1975, soulevait plus de montagnes qu’une guitare cassée sur une baffle. Qu’à un moment ou à un autre, la communauté humaine réclamerait sa part d’espoir et de regard écarquillé. Alors, depuis quarante ans, le Petit Prince mène sa révolution, un sourire aux lèvres.
Il la mène obstinément, même quand elle n’intéresse personne. Les années 80 n’auront que faire du bonheur, et lui préfèreront la jouissance. Qu’importe: Lenorman s’accommode de l’oubli et chante toujours, conscient d’être « bon qu’à ça » comme disait l’écrivain Samuel Beckett, une autre grande figure rock’n roll, obsessionnelle, à rebours de son temps… et visionnaire. Quand Gérard Lenorman chante Si j’étais président, il dessine, avec vingt ans d’avance, une politique bling bling, raille un casting gouvernemental très actuel, rit des effets d’annonce et du culte de la personnalité, bref, prédit le paysage politique d’aujourd’hui. Heureux qui communique, du nom d’un album plus tardif, annonce la couleur contemporaine… La joie béate de 1969 cachait bien son jeu! En 2000, Gérard Lenorman chante La Force d’aimer, dans laquelle il donne son code secret. Il parle de « pub sans affiche » - sa force, celle d’être un « Vagabond », sur les routes, sans cesse en tournée, loin des pages People et du gigantisme marketing. Il parle aussi de « ces drapeaux d’indifférence: qui te disent ”tais-toi et danse”, » et se demande: « Est-ce qu’il faut prendre les armes? » Pas la peine, une chanson suffira. D’ailleurs, sur la scène, il explose. Comme tous les rockers…
Et comme les rockers, évidemment, Gérard Lenorman n’a fait aucune concession. Il n’a jamais remixé ses tubes en brouet de technodance, ni participé aux grandes tournées sirupeuses et nostalgistes. Il en a payé le prix, bien sûr, mais enfin: entre un insoumis et un pacha, son coeur a choisi depuis longtemps. Il est resté « au dessus du fracas de la terre », comme dans sa chanson Le Funambule, avec ses lunettes de devin sur le nez, occupé à bombarder paisiblement le paysage musical français. S’il fallait encore une preuve, c’est bien ce dernier album de duettistes. Treize voix se mêlent à la tessiture rocailleuse de Lenorman. D’un côté, l’hommage total, immense, de la jeune génération (Zaz, Grégoire, Amaury Vassili…) envers ce faux Candide. De l’autre, la révérence des aguerris (Florent Pagny, Patrick Fiori, Roch Voisine…) pour des morceaux connus, et subitement nouveaux.
Dans leurs habits neufs, ils révèlent la force des textes. Voilà pourquoi, bien au-delà de la raideur ravie des débuts, les chansons de Gérard Lenorman tiennent la route, et inspirent les autres. Elles s’inscrivent dans la lignée magnifique du répertoire français. De Toi, chantée avec Maurane, annonce Confidentiel de Jean Jacques Goldman. Michelle, reprise avec Grégoire, est la petite-fille de La Bohème de Charles Aznavour. L’alliance des voix fait surgir la beauté impondérable de ce grand thème universel qu’est le bonheur, fer de lance de Lenorman depuis des lustres. Il nous raconte toujours la liberté, l’indépendance, celui « qui ne lit pas les journaux, n’écoute pas la radio », les vagabonds, la fidélité à soi… A bien y regarder, ces treize duos racontent l’artiste et composent un autoportrait caché. A petites touches, sur la pointe des mots, se dessine, en creux de l’album, le visage et la vie d’un des plus grands chanteurs français, multirécidiviste du sourire et torpilleur des modes, qu’il était grand temps de percer à jour. « Voici les clés »…
Le 26 avril 2012
GERARD LENORMAN
En 1969, Gérard Lenorman faisait un peu peur. Il était coiffé comme un Playmobil. Sur les plateaux de télévision, il chantait avec une joie presque effrayante, les yeux écarquillés. Et, à la pose extatique, il ajoutait sans complexe des paroles heureuses. Double blasphème… Car, cette année-là, Serge Gainsbourg susurre Elisa, Johnny Hallyday hurle Que je t’aime et France Gall, boudeuse, joue La poupée qui dit non. On chante l’érotisme ou les blessures amoureuses, la mine sombre. Il ne viendrait à l’esprit de personne de sourire derrière un micro. Sauf Gerard Lenorman. Dès 1970, il prévient « Laissons entrer le soleil », adaptée de la comédie musicale Hair. Ses chansons tournent autour des jours heureux, des fêtes des fleurs, des éclaboussures de mémoire, très loin des poses destroy et des astres noirs.
Un rocker? Pas loin… Gérard Lenorman a compris, le premier, que le bonheur est une vraie rebellion. Il a flairé qu’une Ballade des gens heureux, en 1975, soulevait plus de montagnes qu’une guitare cassée sur une baffle. Qu’à un moment ou à un autre, la communauté humaine réclamerait sa part d’espoir et de regard écarquillé. Alors, depuis quarante ans, le Petit Prince mène sa révolution, un sourire aux lèvres.
Il la mène obstinément, même quand elle n’intéresse personne. Les années 80 n’auront que faire du bonheur, et lui préfèreront la jouissance. Qu’importe: Lenorman s’accommode de l’oubli et chante toujours, conscient d’être « bon qu’à ça » comme disait l’écrivain Samuel Beckett, une autre grande figure rock’n roll, obsessionnelle, à rebours de son temps… et visionnaire. Quand Gérard Lenorman chante Si j’étais président, il dessine, avec vingt ans d’avance, une politique bling bling, raille un casting gouvernemental très actuel, rit des effets d’annonce et du culte de la personnalité, bref, prédit le paysage politique d’aujourd’hui. Heureux qui communique, du nom d’un album plus tardif, annonce la couleur contemporaine… La joie béate de 1969 cachait bien son jeu! En 2000, Gérard Lenorman chante La Force d’aimer, dans laquelle il donne son code secret. Il parle de « pub sans affiche » - sa force, celle d’être un « Vagabond », sur les routes, sans cesse en tournée, loin des pages People et du gigantisme marketing. Il parle aussi de « ces drapeaux d’indifférence: qui te disent ”tais-toi et danse”, » et se demande: « Est-ce qu’il faut prendre les armes? » Pas la peine, une chanson suffira. D’ailleurs, sur la scène, il explose. Comme tous les rockers…
Et comme les rockers, évidemment, Gérard Lenorman n’a fait aucune concession. Il n’a jamais remixé ses tubes en brouet de technodance, ni participé aux grandes tournées sirupeuses et nostalgistes. Il en a payé le prix, bien sûr, mais enfin: entre un insoumis et un pacha, son coeur a choisi depuis longtemps. Il est resté « au dessus du fracas de la terre », comme dans sa chanson Le Funambule, avec ses lunettes de devin sur le nez, occupé à bombarder paisiblement le paysage musical français. S’il fallait encore une preuve, c’est bien ce dernier album de duettistes. Treize voix se mêlent à la tessiture rocailleuse de Lenorman. D’un côté, l’hommage total, immense, de la jeune génération (Zaz, Grégoire, Amaury Vassili…) envers ce faux Candide. De l’autre, la révérence des aguerris (Florent Pagny, Patrick Fiori, Roch Voisine…) pour des morceaux connus, et subitement nouveaux.
Dans leurs habits neufs, ils révèlent la force des textes. Voilà pourquoi, bien au-delà de la raideur ravie des débuts, les chansons de Gérard Lenorman tiennent la route, et inspirent les autres. Elles s’inscrivent dans la lignée magnifique du répertoire français. De Toi, chantée avec Maurane, annonce Confidentiel de Jean Jacques Goldman. Michelle, reprise avec Grégoire, est la petite-fille de La Bohème de Charles Aznavour. L’alliance des voix fait surgir la beauté impondérable de ce grand thème universel qu’est le bonheur, fer de lance de Lenorman depuis des lustres. Il nous raconte toujours la liberté, l’indépendance, celui « qui ne lit pas les journaux, n’écoute pas la radio », les vagabonds, la fidélité à soi… A bien y regarder, ces treize duos racontent l’artiste et composent un autoportrait caché. A petites touches, sur la pointe des mots, se dessine, en creux de l’album, le visage et la vie d’un des plus grands chanteurs français, multirécidiviste du sourire et torpilleur des modes, qu’il était grand temps de percer à jour. « Voici les clés »…
Le 24 avril 2012
MICKAEL MIRO
Si le temps d’une chanson vous avez l’impression d’entendre une mélodie à la fois nouvelle et familière et que les mots raisonnent en vous comme des échos de vos propres souvenirs, c’est peut être que vous écoutez une chanson de Mickaël Miro.
Ce jeune auteur-compositeur est heureux quand il chante… quand il raconte en musique ses histoires, ses rencontres, son besoin d’aimer et d’être aimé. Pendant deux ans, il enchaînera les premières parties d’artistes comme Florent Pagny, Calogero et Christophe Maé où ses mélodies et son désormais célèbre « damdamdéo » fédèrent un public de plus en plus grand.
“C’est un rêve enchanté que je suis en train de vivre grâce a vous” confiera plusieurs fois le chanteur à son public venu le soutenir en force sur la scène de L’Alhambra le 23 juin dernier.
Un public qui ne s’est pas trompé en plébiscitant cette nouvelle étoile de la variété française : en quelques mois, son premier album « Juste comme » est déjà disque de Platine avec plus de 100 000 exemplaires vendus.
L’Horloge Tourne est l’une des meilleures diffusions radios de l’année 2011 et le single s’est écoulé à plus de 150 000 téléchargements. Sur le web, le désormais célèbre abris bus de Mickael aura récolté plus de 4 500 000 vues !
Mais il semblerait que ce 1er album renferme d’autres scandaleuses surprises…
« Ma Scandaleuse » le nouveau single de Mickaël Miro est déjà sur toutes les ondes… et sur toutes les lèvres !
Une véritable déclaration d’amour à toutes ses femmes au tempérament volcanique, sa « préférence » comme le disait si bien Julien Clerc… en tout cas une chanson simple et sincère, mettant en avant d’étonnantes nouvelles facettes du timbre de voix de Mickael.
Le 21 avril 2012
DISNEY LIVE! La fabuleuse tournée de Mickey
Après le succès du spectacle « La Bande à Mickey - Magical Music Hall », Disney Live ! revient en France pour la seconde fois avec une toute nouvelle comédie musicale « La Fabuleuse Tournée de Mickey ».
Pour ce nouveau rendez-vous, Mickey et sa bande décident de monter leur propre spectacle et embarquent à bord de leur tour bus pour un incroyable voyage. Petits et grands découvrent Minnie en adorable costumière et Dingo dans le rôle du machiniste maladroit. Ils sont accompagnés de Donald et de Mickey pour mener à bien le grand concours de jeunes talents qu’ils organisent.
Au cours de cette aventure, remplie d’imprévus, ils croisent le chemin de leurs amis Tigrou, Cendrillon et ses sœurs, Woody, Buzz l’Eclair et beaucoup d’autres. Les spectateurs verront tous leurs personnages préférés danser et chanter. Rebondissements, rires et interactions avec le public seront au programme pour faire de ce spectacle un moment inoubliable à partager en famille.
Le 20 avril 2012
CARAVAN PALACE
Caravan Palace est issu du croisement de 3 compositeurs de musique électronique, animés d’une passion commune pour le jazz manouche. A la pratique de cette musique des années 30 dans une formation “classique”, ils se rendent compte de son impact encore très fort , alors que des artistes comme Sanseverino ou Bireli Lagrène contribuent grandement à la faire re-connaître au grand public. En février 2005, la composition de morceaux électro-swing à orientation jazz manouche est lancée, devenant vite un projet à part entière sous le nom de Caravan Palace.
Caravan Palace se compose de :
- Arnaud Vial : guitare, programmation
- Charles Delaporte : contrebasse, programmation
- Hugues Payen : violon, programmation, scat
- Colotis “Latoya” Zoé : chant
- Toustou : machines
- Chapi : clarinette
Le 19 avril 2012
MAGIC SYSTEM
Nouveau sur Eldo’Blog : La Magic System story sur Direct Star
[dm xgfvro]
Avec Toutè Kalé, son sixième album, Magic System, joue à la fois sur ses fondamentaux et nous embarque vers des terres musicales que le groupe ne nous avait pas encore dévoilées jusqu’ici. Ambiances, émotions et voix d’or : bienvenue à bord.
“Ambiance à l’Africaine”, premier single, nous a rappelé les fondamentaux du groupe : le sens du refrain immédiat et du dancefloor, la rythmique imparable, des harmonies vocales identifiables à la première écoute… C’est un fait : Magic System sait enchaîner les tubes comme nul autre. Le groupe s’est imposé au fil du temps comme la plus célèbre formation africaine francophone dans le monde avec un style à la fois très vocal et une approche très contemporaine dans la production, en phase avec un son urbain qu’il soit africain ou européen.
Mais cette première secousse n’est rien au regard de la surprise que provoque Toutè Kalé à la première écoute. Les hits évidents sont là : outre “Ambiance à L’Africaine” composé par Kore avec qui l’alchimie a pris une nouvelle fois (comme sur “Même Pas fatigué” par exemple), on trouve “La danse des magiciens”, titre composé par Skalp auquel on prédit déjà une belle carrière sur les pistes de danse.
Mais Toutè Kalé est surtout le disque qui permet à Magic System de s’exprimer enfin pleinement et totalement, d’être à la fois le reflet d’une Afrique jeune et urbaine et de parler au monde entier, d’afficher une modernité sonore inédite et de retourner aux sources du son qui a vu grandir le groupe il y a 17 ans.
[dm xht4uz]
Magic System est donc né le 2 octobre 1994 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Au départ, formation d’ambianceurs du lycée influencée par le son zouglou, le groupe comprend 8 membres. Trop pour que le moindre producteur n’envisage de signer le groupe…
En 1997, Magic System se divise en deux. Quatre de ses membres deviennent les Marabouts tandis qu’A’salfo, Manadja, Tino et Goudé conservent le nom original.
A’salfo, Manadja, Tino et Goudé possèdent désormais un nouveau statut en France comme en Afrique. Leurs featurings et collaborations sont des hits systématiques : avec Leslie en 2002 sur “On ne sait jamais”, sur Rai N B Fever avec un “Gaou à Oran” en 2004…
Le groupe alterne les tubes et les longs formats : en 2005 “Bouger Bouger”, l’album Cessa Kié La Vérité en 2007, Ki dit mié arrive en bacs après le hit “C cho, ça brûle” en 2006.
[dm xhl7pk]
Depuis, “Même pas fatigué” ou “Neuilly Sa Mère” ont tourné en rotation lourde sur les radios, dans les clubs, les lecteurs MP3. Magic System a parcouru le monde entier avec un minimum de 80 scènes par an.
Bilan ; 13 disques d’or et 2 disques de platine en France, ainsi que les honneurs en Cote d’Ivoire (Chevalier de L’Ordre du Mérite Ivoirien et Officier de l’Ordre du Mérite National).
Les quatre chanteurs ont même profité de leur statut pour créer le FEMUA, le Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo, qui réunit 60 artistes par an, 150.000 spectateurs chaque weekend Pascal dans le village d’origine du groupe depuis 2006. Un festival caritatif qui a permis de rénover des hôpitaux, construire des écoles…
Quatre ans se sont donc écoulés depuis le dernier album de Magic System, désormais groupe le plus reconnu de l’Afrique francophone. Quatre ans sans pause, quatre ans qui ont permis aux Magic d’affirmer leur position chez eux comme dans le reste du monde.
Mais si le quatuor est unique, son public, disséminé entre Afrique et Europe ne doit lui aussi également faire qu’un à partir de maintenant. C’est l’une des idées motrices de Toutè Kalé , le disque le plus complet et impressionnant du groupe à ce jour. Un album très moderne mais qui revient aussi aux racines musicales de Magic System, le Zouglou, dont le rythme et les sonorités sont très présentes.
[dm xhqou2]
Ce nom peut sonner “exotique” à certaines oreilles, mais il ne s’agit pas d’un son sur lequel on pourrait aisément coller l’étiquette “world” mais d’une musique aussi urbaine qu’africaine, en phase avec la jeunesse d’ici et de là‐bas, une musique suffisamment profonde et variée pour qu’elle ne dure pas seulement le temps d’un été.
C’est dans la durée et la profondeur que s’inscrit ce nouvel album, d’une richesse et d’une variété étonnantes, et dont la colonne vertébrale musicale a été assurée par Olivier Blé. Le fidèle collaborateur du groupe a composé 6 chansons parmi lesquelles “Dodo” et “Anoumabo”, titres aux approches sensibles et personnelles mais également enlevés et dansants. Dans ces titres comme dans le reste du disque, les harmonies du groupe sonnent comme jamais, la voix lead d’A'Salfo prend une ampleur inconnue jusqu’ici et l’affirme parmi les chanteurs les plus marquants du continent africain.
Et pour s’en convaincre encore, “Pas si différents” et “L’eau va manquer” tombent à point. Les deux titres, composés avec délicatesse par Elio, révèlent un aspect plus engagé et conscient du groupe, sensibilisé par les problèmes qui touchent l’Afrique comme la préservation des ressources naturelles et le réchauffement climatique. De véritables gospels à l’Africaine qui prouvent que l’essence du zouglou est universelle : de l’émotion, du sens et des voix.
Sur Toutè Kalé, les surprises ne se limitent pas à l’étendue du registre musical exploré par Magic System. On ne s’attendait pas forcément à trouver un Soprano dans un tel environnement sonore. “Chérie Coco” est un vrai titre d’ambiance dans lequel l’artiste Marseillais et les quatre voix du groupe se répondent à merveille sur un titre produit par Skalp comme trois autres sur ce projet.
[dm xhuyxq]
Autre collaboration impressionnante : “Ca va aller” avec Tiken Jah Fakoly ou lorsque les grandes voix de la Côte d’Ivoire dépassent les genres pour former une véritable union sacrée et transmettre un message de progrès.
L’album le plus riche et le plus créatif de Magic System à ce jour est également son plus abouti et cohérent. En revenant à ses bases zouglou tout en profitant de son sens du tube comme de son expérience, le quatuor est parvenu à rendre sa musique plus universelle et intemporelle, à lui donner autant d’écho sur les dancefloors de France et de Navarre que dans les rues d’Abidjan et des grandes villes d’Afrique francophone.
Autant de lieux où les voix d’A'Salfo, Manadja, Tino et Goudé vont résonner longtemps.
Installez‐vous ou bougez au choix mais en tout cas laissez‐vous entraîner sans crainte par ce nouvel album de Magic System. Et ne vous inquiétez pas : Toutè Kalé.
[dm xjhfpa]
Le 19 avril 2012
KILLING JOKE (+ The Crying Spell + The Icarus Line)
C’est une longue aventure pour Killing Joke, depuis leur création en 1979. Depuis lors, le groupe a traversé de nombreux conflits internes et de changements de formation, les deux seuls membres constants étant Jaz Coleman (chant, claviers et arrangements) et Geordie Walker (guitare). L’année dernière, tous les membres fondateurs se sont finalement retrouvés.
Jusqu’à leurs retrouvailles lors de l’enterrement de Paul Raven, ex bassiste de Killing Joke, Ministry et Prong, Jaz Coleman et Paul Ferguson (batterie) ne s’étaient pas parlé depuis près de 20 ans. Leur réconciliation a permis la naissance d’un nouvel album ainsi que d’une tournée mondiale qui a débuté à Tokyo en Septembre. La tournée a vu le quatuor proposer des concerts acclamés tant par les fans fidèles que par de nouveaux adeptes.
Terrés au coeur de la campagne du Wiltshire, Jaz, Youth, Geordie et Paul Ferguson sont désormais réunis, mettant la touche finale à l’album studio flambant neuf qui sera publié chez Spinefarm / Universal courant 2012. 26 titres ont été écrits et enregistrés d’une façon ou d’une autre, et le processus d’en faire un album ensemble et de discuter de ce qui fait et de ce qui ne le fait pas est en cours!
Quoi qu’il en soit, Killing Joke a annoncé une dizaine de dates en Angleterre au mois de mars, et une tournée de 19 dates à travers l’Europe en avril 2012, en commençant par les Pays-Bas, puis la France, l’Espagne, l’Italie, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique, et enfin la Finlande.
Le 18 avril 2012
ZEBDA
Nouveau sur Eldo’Blog : Zebda prêt pour le “Second Tour” !
Dans les années 80, un embryon de Zebda prend forme dans le milieu associatif des quartiers populaires de Toulouse, au moment où la Marche des Beurs traverse une France qui digère le premier virage libéral des années Mitterrand.
En 1985, l’association Vitécri réalise Salah, Malik : Beurs ou les déboires de jeunes musiciens en quête d’un local de répétition. Ce petit film met en scène les Zebda Bird. Magyd Cherfi, entouré de ses copains de lycée Pascal Cabero (guitare) et Joël Saurin (basse), campe un animateur de quartier reconverti en chanteur. L’association est dissoute par manque de subventions municipales, mais l’aventure humaine et musicale se poursuit. La troupe s’agrandit et devient groupe avec l’arrivée de Mustapha et Hakim Amokrane aux chœurs et Vincent Sauvage à la batterie. Le groupe s’appellera Zebda ou beurre en arabe.
Leur carrière musicale décolle vraiment en 1989 avec l’autoproduction de plusieurs cassettes - dont une intitulée Carte Nationale d’Identité, une thématique qui les suivra pendant tout leur parcours - et une sélection pour les Découvertes du Printemps de Bourges, où ils joueront l’année suivante. S’enchaîne une tournée qui déborde des frontières de l’Hexagone avec des passages en Italie et en Grande-Bretagne. En 1991, alors que Rémi Sanchez (accordéon, claviers) rejoint le groupe, on les retrouve sur Ragga Buzzin’, la première compilation de reggae/ragga français.
1992-2003 : les années Zebda
C’est en 1992 que le véritable premier album, L’Arène des rumeurs, arrive chez les disquaires. Zebda s’inscrit pleinement dans l’effervescence de la scène alternative française. Son rock est festif et se teinte de rap, reggae, ska, funk, raï et chaâbi. Il se réclame autant des Clash que de James Brown, de la Mano Negra que de Fishbone, de Matoub Lounes que de Claude Nougaro. Des titres comme “Arabadub” ou “Baudis” préfigurent la touche Zebda qui explosera trois ans plus tard, avec leur deuxième opus.
Inspiré d’un discours tristement célèbre d’un Jacques Chirac pas encore Président de la République, “Le bruit et l’odeur” - chanson titre - est un brûlot antiraciste qui dénonce les inégalités sociales tout en rappelant le rôle essentiel de l’immigration dans le développement de la France. La promotion de l’album s’accompagne d’une tournée qui donnera son premier succès populaire à Zebda.
Il ne se démentira plus et culminera avec l’album Essence ordinaire, sorti en 1998.
En choisissant de le mixer aux Etats-Unis avec l’ingénieur du son new-yorkais, Nick Sansano (IAM, Public Enemy, Noir Désir…), Zebda franchit un nouveau palier artistique. Offrant des morceaux à la production léchée, la formation toulousaine démontre qu’elle peut rayonner au-delà de son public traditionnel, sans renoncer à son message ou son identité musicale.
Quatre extraits marquent le tournant du siècle : “Je crois que ça va pas être possible”, “Y’a pas d’arrangement”, “Oualalaradime” et le tube de l’été 99, “Tomber la chemise”. Cet hymne festif se vendra un million d’exemplaires en single, restera 26 semaines consécutives au Top 50 dont 3 à la première place et dopera les ventes de l’album (triple platine plus de 600 000 exemplaires).
Zebda récolte les lauriers publics et professionnels lors des Victoires de la Musique 2000. Le groupe repart avec la Victoire du Meilleur Groupe de l’année et celle de la meilleure chanson, “Tomber la chemise”.
L’album suivant paraît fin août 2002, le temps de prendre le recul nécessaire pour trouver le ton juste et poursuivre tout en se renouvelant. Le défi est relevé avec Utopie d’occase, un disque plus sombre que les précédents.
Le groupe enchaîne les dates sold out, collabore, en novembre 2002, à un film sur les cités, Le bruit, l’odeur et quelques étoiles mais la rumeur d’une séparation se confirme.
Le double live CD-DVD, La Tawa est servi au public en guise d’au revoir, en 2003.
Les collègues et les combats
Devenu une composante incontournable du paysage musical français, Zebda ne renie pas pour autant les valeurs qui sont à l’origine de leurs choix artistiques. Le groupe s’engage dans des combats divers dont le ciment reste l’exigence de justice sociale ; la lutte antiraciste ou anti-intégriste, l’accès à la culture (place de concert à 9,90 francs disponible dans les magasins Tati), les soutiens aux sans-papiers, ou aux sinistrés de l’usine AZF.
Associant toujours la mobilisation à la culture et à la fête, l’idée de créer leur propre festival les travaille dès 1991 avec le lancement à Toulouse de “Ça bouge au Nord”. Cet événement populaire et engagé accueillera, au fil des éditions, des artistes comme Noir Désir, La Mano Negra mais aussi des générations plus anciennes comme Yvette Horner, Idir, Aït Menguellet et Cheikha Rimitti. Arrêtée faute de subventions, la manifestation renait au tout début des années 2000 sous le nom de “Ça bouge encore”. Depuis 2003, le festival “Origines Contrôlées”, axé sur la thématique de l’immigration post-coloniale en France, a pris le relais dans la ville pas toujours rose.
En 1997, la famille Zebda monte le Tactikollectif et affirme ses affinités révolutionnaires en enregistrant sous le nom des Motivés un album éponyme coproduit par la feue LCR. Dix reprises d’hymnes de lutte, d’époques et d’origines diverses (dont le Chant des partisans, Hasta siempre…), mises au goût du jour que vont se réapproprier la plupart des manifestations du pays.
Le patrimoine culturel et sa transmission sont, depuis le début, une vraie préoccupation pour Zebda dont certains membres participent également à 100% Collègues, collectif de musiciens talentueux de la région toulousaine (Bernardo Sandoval, Serge Lopez, Jean-Luc Amnestoy…). Deux albums en public, tendance musiques du monde, allient morceaux traditionnels et compositions nouvelles qui promeuvent la solidarité et la fête.
Militants pour un projet alternatif au monde actuel, les membres de Zebda ont toujours manifesté un profond attachement à la politique au sens premier du terme. Un certain nombre d’entre eux s’engage très concrètement dans un mouvement citoyen, Motivé-e-s, qui aboutit à la présentation de listes dans différentes villes de France lors des élections municipales de mars 2001. C’est évidemment à Toulouse que ce nouveau venu dans la vie politique locale est le plus observé. Il obtient 12,38 % des voix au premier tour, fusionne dans une liste de gauche au second et obtient quatre sièges au conseil municipal.
La parenthèse active
Après dix-huit ans de vie commune, quatre albums studio et plus d’un millier de concerts, Zebda officialise sa suspension en octobre 2003.
En 2004, Magyd Cherfi sort son premier album solo, Cité des étoiles. Œuvre intimiste, produite entre autres par Imhotep (IAM) et Mathieu Chedid (-M-). Le suivant, Pas en vivant avec son chien, parait en 2007. Et c’est en tant qu’auteur que Magyd est encore plus salué par la critique avec la publication chez Actes Sud de deux ouvrages : Livret de famille et La trempe.
Inséparables, Mustapha et Hakim Amokrane fonctionnent en fratrie. Tout en multipliant les collaborations avec, entre autres, Cheb Mami, Brigitte Fontaine, Tiken Jah Fakoly, Manu Chao, MAP…, ils produisent, en 2005, l’album Mouss et Hakim ou le contraire qui contient un texte écrit pour eux par Claude Nougaro, peu de temps avant sa disparition. Démarre ensuite l’aventure Origines contrôlées pendant laquelle ils parcourent trois années durant les scènes de l’Hexagone avec un répertoire de chansons écrites par des artistes immigrés algériens, souvent devenus ouvriers en France, entre les années 40 et 70. En 2010, ils célèbrent leurs vingt ans de musique, toutes formations confondues, avec une nouvelle tournée baptisée Vingt d’honneur et un album live éponyme.
La renaissance
En 2008, certains échos évoquent la reformation de Zebda. Mais si l’envie est bien là, les emplois du temps respectifs ne sont pas prêts. Les plus impatients se contentent d’une reprise, en 2009, du Jaurès de Jacques Brel, qui donne lieu à un clip réalisé à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance du grand homme politique.
Ce n’est qu’en 2010 que les retrouvailles programmées ne sont plus un secret. Magyd, Hakim et Mouss apparaissent d’ailleurs sur scène plusieurs fois ensemble, pendant la tournée Vingt d’honneur des frangins Hamokrane.
Le 11 avril 2012
THE STRANGLERS
Dans la ligne mélodique des Doors, avec l’énergie punk des Sex Pistols, The Stranglers débarquent tout frais en 1974, prêts à mettre le feu à toutes les scènes.
Plus mélodiques que leurs comparses des Clash ou des Jam, The Stranglers initient une partition musicale mettant en valeur les claviers et le jeu de basse de Jean-Jacques Burnel.
Entre autres tubes, The Stranglers engendrent Peaches, No more heroes, et dans les années 80, Golden brown, Skin deep ou Always the sun (connue surtout en France !).
Détestés par la presse, accusés de misogynie, The Stranglers brûlent tout sur leur passage…
En 1991, le chanteur Hugh Cornwell quitte le groupe, Paul Roberts le remplace. Plus discrets dans les 90’s, les Stranglers reviennent en force en 2004 et 2006 avec “Norfolk Coast” et “Suite XVI”.
Un art consommé de la frasque pour une fresque rock hors du commun.